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Livres des Éditions du Cercle de l'Aréopage

La relance de la Tradition: Notes sur la situation de l'Église (nouvelle édition)

Massimo Alberti

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Massimo Alberti présente son ouvrage au Cercle et à Radio Courtoisie


Mansour Kardosh, chrétien, palestinien, arabe et israélien de Nazareth

Marion Sigaut

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Mahomet ou Jésus?

Henri Philipp

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En nom Dieu...

Henri Philipp

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Le Christ Roi des nations par la France - Le Christ est-il un roi politique ?

Henri Philipp

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Le Dieu caché

Philippe Lauria

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Nanotechnologies & biochimie radicalaire: Vers une biologie quantique ?

Alain Von Roden

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Le texte d'invention et le personnage (Horizon Bac)

Marion Duvauchel

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Le Texte d'Invention et la Poésie: Pour professeurs et pour élèves 2des et 1ères (Horizon Bac)

Marion Duvauchel

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Livres présentés au Cercle

Monnaie et Pouvoir, par Ludovic Greiling


Les Apôtres en Inde  (dans la patristique et la littérature sanscrite)

C. Dognini- I. Ramellli- Editions Certamen

Traduction et par Damien Bighini

 

« Les Apôtres en Inde » - écrit à deux voix- est un livre qui se présente comme une enquête historiographique minutieuse, et même sourcilleuse. C’est très exactement la traduction d’un ouvrage paru en italien en 2002.  Il s’inscrit dans le cadre des interrogations suscitées par le travail de Pierre Perrier autour de saint Thomas en Inde, (et plus récemment, en Chine).

De quoi s’agit-il précisément ? Il s’agit de déterminer à partir de l’examen comparatif de sources diverses l’historicité de la prédication apostolique en Inde et en particulier de celle de saint Thomas, attestée par l’existence de communautés chrétiennes qui se réclament de l’apôtre.

Les sources examinées sont de deux types : les sources classiques - (gréco-romaines)-  et les sources indiennes, mais aussi les sources arabes et syriaques, et les sources chrétiennes. Deux chapitres sont par ailleurs consacrés à l’analyse des sources sanscrites, sous l’angle plus général d’une rencontre entre le christianisme et le bouddhisme dont on peut trouver quelque écho dans la littérature bouddhique.

Nous avons affaire à une historiographe avisée qui rappelle que la valeur de ces sources ancienne est évidemment problématique. Il y a les topoï répercutés par les sources « littéraires » et les historiens forcément plus fiables. Soit. Et il y a également la question de ce qu’on appelle l’Inde dans ces textes au statut divers. C’est sans doute là que le livre pèche par un excès de prudence : s’il répercute avec intelligence ce que disent les textes, il laisse le lecteur dans l’indétermination et se refuse à une localisation que pourtant, l’analyse appelle. 

Cette question de ce qu’on appelle l’Inde parcourt l’ouvrage en pointillé. Les textes antiques regroupent sous cette dénomination des territoires indo-parthes, indo-scythes, kouchans, - ce qui renvoie à des dominations politiques et à des peuplements – comme la Bactriane ou l’Hyrcanie – spécification géographique. C’est un peu court jeune homme, comme dirait Cyrano.

Bien sûr, les relations entre l’Inde et le monde classique, autrement dit, la Grèce et Rome sont anciennes et pas du même ordre. Mais même si l’ouvrage révise le topos qui voudrait que les relations entre Grecs et Indiens se fussent inaugurées au moment du raid éclair que l’on doit à l’arrogance guerrière et au génie militaire d’un jeune macédonien ivre de domination, il n’exploite pas suffisamment ce que pourtant il fait émerger : un cadre de relations entre ce qu’on appelle l’Orient et l’occident. Et dans cet « Orient », - hellénisé et romanisé, avant d’être christianisé  (et plus tard islamisé) -  l’Inde.  Car si les Grecs sont des guerriers – les sources indiennes évoquent ces Yavanas ivre de combat et qui en périront, avec Rome ce sont des relations commerciales qui sont au cœur des échanges et de l’intérêt mutuel que se portent les deux sphères culturelles. Or, entre Rome et l’Inde, il y a d’abord la médiation des Achéménides, (puis celle des Parthes, qui semble oubliée). En bref, entre Rome et l’Inde, il y a la médiation iranienne, ce que l’auteur ne fait pas suffisamment ressortir.

C’est que son propos est d’abord de  regarder avec un soin d’entomologiste ces sources diverses, qui présentent parfois des contradictions ou des incompatibilités. Les deux auteurs tenus pour les mieux informés sur l’Inde avant Alexandre : Scylax et Ctésias, sont mentionnés,  mais une hirondelle ne fait pas le printemps. « Seules les rencontres entre groupes nombreux permettent les échanges d’ampleur anthropologique ». Et donc une portée historique… Là, nous sommes d’accord.

Première des conclusions un peu nettes : « l’itinéraire privilégié pour rejoindre l’Inde depuis l’Occident passe par la Bactriane et les cols afghans ». Et une conséquence: toutes les régions du centre sud et une partie de l’Inde transgangétique ont été épargnées par les invasions et sont restées à l’écart des routes commerciales. Cette « Inde méridionale » ne s’ouvrira qu’après que la route commerciales avec pour centre le port d’Alexandrie sera ouverte sous les Ptolémées. Sans doute manque t-il quelques éléments sur ces grandes routes commerciales qui organisent un monde déjà relié, pas seulement en guerre.

C’est donc dans ce cadre que l’on entrevoit plus qu’il n’est véritablement établi, mais dont on perçoit quelques contours, que s’inscrivent  « les missions chrétiennes, dont la patristique a gardé le souvenir » (p. 55). 

C’est Pantène – maître de Clément d’Alexandrie -  la source la plus ancienne, autrement dit, c’est un « alexandrin ». Ce fait n’est sans doute pas suffisamment souligné : il appartient à cette école prestigieuse : le didaskaleion.  La tradition a retenu une mission de ce Pantène (une sorte de nonce apostolique) en Inde, mission dont on n’a que des éléments indirects, par Eusèbe, Origène et Jérôme. Or, les sources, en particulier Eusèbe, atteste de l’existence d’un évangile de saint Matthieu, écrit en caractères hébraïques (selon toute vraisemblance araméen).

La conclusion est prudente : on ne peut rejeter la possibilité d’un apostolat de type judéo-chrétien, partant de Palestine, qui aurait pu rejoindre l’Inde à travers les régions mésopotamiennes ou l’Arménie.

Il faut donc alors s’attacher plus précisément à la mission de saint Thomas. C’est une synthèse précieuse des travaux sur la question, mais qui s’attache en particulier aux liens entre les Eglises de Syrie et celles de l’Inde, ou ce qu’on en connait. Bon nombre de spécialistes considèrent que l’Eglise syriaque, qui a pour centre Edesse, est une église des premiers siècles et toutes les sources sont examinées avec attention, ainsi que les diverses hypothèses (p. 84 et suivantes).  Mais qu’est-ce qu’on entend par mission « judéo-chrétienne » ? Le terme n’est pas heureux et pas suffisamment défini. Il brouille la lecture.

La conclusion est sous le signe de la raison prudentielle des historiographes : « l’analyse critique des témoignages rapportées par la tradition ne plaide donc pas en faveur de l’historicité d’un apostolat de saint Thomas en Chine » ? Soit. Mais le travail de Mme Ramelli est lié à saint Thomas en Inde, pas en Chine. On chercherait en vain quelque analyse historiographique de sources chinoises.

Par contre, elle admet que la « tradition sur les missions indiennes de Thomas et Barthélémy permet, notamment à la lumière des données historiques et archéologiques, d’envisager a minima la possibilité de cette première œuvre d’évangélisation ».

Il faut en fait passer les deux chapitres sur la littérature sanscrite et aller directement au chapitre VII, le christianisme en Inde sous Constantin- du moins pour garder une cohérence des aires culturelles. Il est particulièrement intéressant et reprend cette question brûlante : qu’est ce qu’on entend quand on parle de l’Inde (en terme de géographie) ?

Ces pages sont précieuses qui examinent avec soin comment s’est constitué la géographie de l’Inde, distinguant l’Inde intra gangem et extra gangem : Inde ulterior et Inde cisterior. C’est le Gange qui constitue la frontière entre l’Inde du Nord ouverte vers le Caucase et cette Inde méridionale restée en dehors des grands circuits.

Qu’il y ait eu deux missions successives en Inde, soit. Mais on s’attend dans un travail de cette qualité à ce que soit distingué une première évangélisation apostolique et les évangélisations successives, quand le christianisme a élaboré ses outils de catéchèse, autrement dit son « canon. Quant aux deux aires reliées entre elle, l’Inde et l’Ethiopie, on ne peut comprendre ces questions géographiques que cartes à l’appui. Et il n’y a pas de cartes…

Quel est le problème soulevé ?

D’un côté, les sources chrétiennes indiquent que les chrétiens de ces régions entre l’Euphrate et l’Indus disposaient en époque constantinienne d’une solide organisation ecclésiale, dotée de sièges épiscopaux, de monastères et du culte des martyrs ; de l’autre il semble que les relations entre l’Occident et ce qu’on appelle l’Inde, se soient relâchées vers la fin du IIème siècle pour reprendre au IVème siècle.

Il faut reformuler : si on admet un relâchement des liens entre l’Inde et l’Occident, à quoi est-il du, et dans quelle mesure a-t-il eu une incidence sur le christianisme.

Et sans doute faut-il faire intervenir l’émergence non seulement du bouddhisme, mais surtout de Mani et de la religion qui va se développer autour de ce personnage, précisément dans cette aire entre l’Euphrate et l’Indus.

On sort de cet ouvrage - tout à fait remarquable - avec le sentiment d’un festin disparate au cours duquel on nous aurait donné des mets raffinés et délicats à manger, avec un hôte absent.

Que manque t-il ?

D’abord que les contours géopolitiques dans lesquels les missions indiennes – dont l’historicité ne semble guère contestable : comment expliquer sinon qu’à l’époque constantinienne, ces églises disposent d’une telle organisation – ne soient pas seulement esquissés à trait brefs mais plus largement et plus hardiment posés, et seul ce cadre pourrait éclairer les sources historiographiques et mettre en perspective les étapes de la connaissance de l’Inde, en particulier géographique.

Il manque ensuite l’idée que l’historiographie est au service d’hypothèses hardies, qu’elle doit ouvrir des voies nouvelles, faire surgir des perspectives. Comment admettre que nous devions ordonner l’intrépidité de notre raison à des sources dont on nous répète à l’envie qu’elles sont fragiles, précaires, et pas toujours cohérentes ?

Mais cette enquête historiographique fournit un instrument de travail précieux, et de haute tenue. Elle fait pénétrer le travail de Pierre Perrier dans la sphère universitaire, et elle ouvre des perspectives dans l’analyse des relations entre le bouddhisme et le christianisme[1].

Surtout la traduction en langue française permet un accès direct à ce travail et donne accès à des sources nouvelles – italiennes et allemandes – méconnues ou inconnues, sur lesquelles cette enquête patiente s’appuie toujours avec professionnalisme.

 

 

Marion Duvauchel

 

 

 

 

 



[1] A travers les deux chapitres dont je n’ai pas rendu compte. Mais j’invite le lecteur à les découvrir… Ils feront l’objet d’une petite étude ultérieure.


UAND LES ANGLAIS LIVRAIENT LE LEVANT À L’ÉTAT ISLAMIQUE. OR, CORRUPTION ET POLITIQUE ÉTRANGÈRE BRITANNIQUE

voir QUAND LES ANGLAIS LIVRAIENT LE LEVANT À L’ÉTAT ISLAMIQUE. OR, CORRUPTION ET POLITIQUE ÉTRANGÈRE BRITANNIQUE
Caractéristiques :
Auteur : Lina Murr Nehmé
Editeur : SALVATOR
Paru en : novembre 2016
Présentation : Broché, 18 mm * 165 mm * 235 mm, 254 pages, 538 g
Code barre : 9782706714115
22.00 €
Résumé
Pourquoi les Anglais ont-ils livré, en 1840, le Liban, la Syrie et la Palestine à l’État islamique ottoman ? Comment expliquer les génocides des chrétiens du Liban en 1860 et 1915-1918 ? Pourquoi les Anglais travaillaient-ils en 1915 à donner La Mecque pour capitale à un État islamique arabe comprenant le Liban, la Syrie et l’Irak ? Qu’est devenu le califat arabe qu’ils avaient essayé de créer et qui a fait rêver Ben Laden et les islamistes modernes ? Pourquoi ont-ils reconnu la suprématie des Saoud en Arabie malgré leurs massacres religieux ? Quelle est l’origine véritable de la guerre israélo-palestinienne ? Chacun des deux prétend que l’autre a commencé. Où est la vérité ? Quand les Anglais livraient le Levant à l’État islamique raconte, par des phrases-choc et un rythme palpitant, une histoire d’or et de convoitise, de pétrole et de voies de communication. 

Franco-libanaise, Lina Murr Nehmé est professeur, polémiste, historienne, politologue et islamologue.
Depuis trente-six ans, ses recherches lui permettent de se livrer à un véritable travail d’enquête en remontant aux origines. Son but : réhabiliter les victimes de l’histoire en dévoilant les criminels véritables. Le résultat : des documents qui se lisent comme des romans et démolissent les idées reçues. Auteur de
plusieurs dizaines d’ouvrages, elle a notamment publié 1453 : Mahomet II impose le schisme orthodoxe
(François-Xavier de Guibert, 2003) et Fatwas et Caricatures (Salvator, 2015).

Les paradoxes de la Démocratie, par Gennady Samuylov

Pour commandes:
Victoria, tél. 06 63 74 42 21
contact@apopsix.fr


Le siècle Russie? Par Denys Pluvinage


Saint-Pétersbourg, capitale culturelle et spirituelle, par J.-B. Cahours d'Aspry


Gouverner par le chaos, par Lucien Cerise, éd. Max Milo


De la kippa à la croix, par Jean-Marie Élie Setbon, éd. Salvator


Apocalypse du Progrès, par Pierre de la Coste, éd. Perspectives Libres


on 13 May 2015

1429535986_couv_Judas_zoomA partir d’aujourd’hui en librairie: Judas Iscarioth, l’apôtre félon dupère Serge Boulgakov, traduit du russe, aux éditions des Syrtes. Présentation de l’éditeur: ” « Dans le tissu d’or des hymnes de la Semaine sainte, un fil vient troubler le regard, une douloureuse dissonance fait irruption dans leurs harmonies célestes: l’image de l’apôtre félon. Nous en sommes comme malades pendant ces jours saints. Et l’Église ne ménage pas notre sensibilité, en accordant à Judas une place et une attention telles qu’il apparaît comme un des personnages centraux du mystère de la Passion, semblant même occulter les autres apôtres par son opposition au Christ. Judas, “serviteur et fourbe”, n’est dans la poésie liturgique qu’un simple avare ayant vendu son Maître pour de l’argent. » C’est avec ces mots que le père Serge Boulgakov, l’un des plus éminents théologiens du XXe siècle, débute sa réflexion à propos de la plus terrible trahison de l’Histoire. Mais, comme le note Nikita Struve dans sa préface, « on voit que Boulgakov se refuse à une condamnation sans rémission de Judas. Dans son repentir et dans sa mort volontaire, il voit un acte sacrificiel : seul de tous les apôtres qui se disaient pourtant prêts à mourir avec le Christ, Judas, par le détour de la trahison, n’a pas survécu à la mort du Christ. Et d’envisager une rencontre de Judas avec le Christ dans l’au-delà qui serait “non une éternelle réprobation, mais le triomphe de l’amour”. »
Biographie
Fils de prêtre orthodoxe, le père Serge Boulgakov (1871-1944) a d’abord été attiré par le marxisme, avant de s’en détourner pour être ordonné prêtre en 1918. Expulsé de Russie quatre ans plus tard, il s’installe d’abord à Prague, puis participe à la fondation de l’Institut orthodoxe de théologie Saint-Serge à Paris dont il prend un temps la direction et où il enseigne la théologie dogmatique jusqu’à sa mort. Nombre de ses œuvres ont été publiées en français (L’OrthodoxieLa Lumière sans déclinLa Philosophie de l’économieDu Verbe incarné).

 

Raspoutine: l’homme et le mythe

3 décembre 2015 

 von FB

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Raspoutine… le nom évoque l’intrigue, le meurtre, la trahison, la luxure, les forces du mal et un regard incomparable. Vivant, il était pour ses partisans le bienfaiteur vénéré, le guérisseur aux immenses pouvoirs, le conseiller spirituel en lien direct avec le Très-Haut, et pour ses ennemis le pire mal de la Russie, traître à son clergé, à son tsar et à son peuple. Mort, il reste la créature sulfureuse qui aura causé la perte de tant de femmes et celle de la Russie.  

L’homme était hors du commun, magnétique, culotté et peu concerné par les égards dus aux puissants de son monde. Les pages que lui consacre Alexandre Spiridovitch, chef de la sûreté de Nicolas II chargé de veiller sur le protégé du couple impérial, décrivent un opportuniste mêlé presque sans le vouloir aux intrigues et aux jeux de pouvoir qui empoisonnaient alors la vie politique russe, et préoccupé surtout par la sauvegarde de cette place qu’il avait gagnée auprès de la Tsarine et qui lui permettait peut-être l’essentiel: vivre exactement comme il l’entendait.

Comparez ce portrait aux visages que lui a donnés la postérité: c’est le Raspoutine d’Hugo Pratt, insaisissable compagnon de Corto Maltese, qui reflète le mieux la complexité de ce que l’homme a pu être. Hugo Pratt grâce auquel la route de Raspoutine croise celle d’un autre mythe arpentant les confins de l’Empire russe agonisant: le Baron Ungern, dont les rêves fous et les traces sanglantes hantent encore les steppes.

Lire la biographie de Raspoutine par Alexandre Spiridovitch et celle du Baron Ungern par Léonid Youzefovitch, publiées aux Editions des Syrtes, laisse cette persistante impression : les deux hommes étaient plus fascinants encore que leur légende.

 

Recension: Antoine Nivière, « Les glorificateurs du Nom. Une querelle théologique parmi les moines russes du Mont Athos (1907-1914) »

14 February 2016 Comments Off

NiviereAntoine Nivière, Les glorificateurs du Nom. Une querelle théologique parmi les moines russes du Mont Athos (1907-1914), Éditions des Syrtes, Genève, 2015, 427 p.
Cet ouvrage est la reprise d’une thèse de doctorat soutenue à la Sorbonne en 1987 par l’auteur, professeur de Russe à l’Université de Lorraine. Il étudie en détail la querelle onomatodoxe, qui est née et s’est développée dans les milieux monastiques russes du Mont-Athos, puis s’est en partie exportée en Russie, entre 1907 et 1914.
Après des prolégomènes méthodologiques (p. 13-36) la première partie du livre (p. 39-246) présente dans un premier chapitre le monachisme russe à l’Athos au début du XXe siècle (p. 39-77) ; cette présentation est utile surtout pour mesurer l’importance numérique de la présence russe (3496 moines en 1910), comprendre les tensions avec les Grecs qu’elle pouvait susciter, et expliquer pour une part (relativement aux origines sociales et à la formation intellectuelle des moines) les mentalités des protagonistes de la controverse.
Les chapitres qui suivent sont consacrés à l’histoire de celle-ci, présentant à la fois son objet, ses principaux acteurs et les divers événements qui l’ont marquée.
La dispute est née d’un ouvrage sur la Prière de Jésus écrit par un moine russe nommé Hilarion (Domratchev), vivant dans une dépendance du Rossikon en Abkhazie, intitulé Sur les monts du Caucase(Dom André Louf en a fait une une traduction française, qui paraîtra dans quelques mois aux éditions des Syrtes). En des termes assez confus (relativement à la tradition terminologique de la théologie et de la spiritualité orthodoxes), il affirmait que « Dieu Lui-même est comme présent dans le Nom divin, avec tout Son être et tous Ses attributs », et encore que « dans la prière intérieure de notre esprit, à travers une étroite union avec Dieu, il n’est plus possible de séparer Son Nom et Son très saint Être ». Le livre fut édité (avec l’imprimatur des autorités ecclésiastiques) en 1907, et connut un rapide succès parmi les moines russes de l’Athos. Un groupe de moines, dirigé par l’influent confesseur du monastère de Saint-Panteleïmon, le père Agathodore Boudanov, se montra sceptique quant à la qualité de l’ouvrage et demanda un compte rendu à un moine instruit du skit du Prophète Élie, le père Chysanthe, qui se montra très critique. Très vite deux groupes se formèrent : celui des détracteurs des thèses du père Hilarion, avec à leur tête les moines Chrysanthe Minaïev et le père Alexis Kireïevskiï, qui allaient ensuite faire appel en Russie à l’influent archevêque Antoine Khrapovitskiï, et celui de leurs défenseurs, avec comme chef de file le hiéromoine Antoine Boulatovitch, qui allaient en Russie susciter le soutien de divers théologiens, en premier lieu le père Pavel Florenskiï. Nous ne pouvons entrer ici en détail dans l’historique de la controverse, qui alla crescendo pendant 4 ans et qu’Antoine Nivière décrit très précisément. Notons que seulement que la doctrine des onomatodoxes (littéralement : les « glorificateurs du Nom », que leur adversaires appelaient plutôt « onomatolâtres ») fut condamnée comme hérétique par le patriarche de Constantinople Joachim III en 1912, par la Kinote du Mont-Athos et le nouveau patriarche de Constantinople Germain V au début de l’année 1913, puis par le Synode de l’Église russe au mois de mai de la même année. L’impossibilité de mettre fin par le dialogue à un conflit qui affectait gravement les diverses communautés monastiques athonites (le skit de Saint-André plus encore que le monastère de Saint-Panteleïmon), les divisant en groupes antagonistes multipliant les violences non seulement verbales mais physiques, le gouvernement russe décida de faire expulser par l’armée, en juillet 1914, les moines onomatodoxes, qui se retrouvèrent en Russie exclus des institutions ecclésiales et privés de communion. Les statistiques officielles parlent de 800 moines expulsés, mais en réalité c’est près de 1700 moines russes qui quittèrent l’Athos, de force ou de leur plein gré, à la suite de la querelle onomatodoxe, entre 1910 et 1914.
La tournure tragique prise par les événements incita un certain nombre d’intellectuels russes à s’engager – chacun d’une façon particulière – en faveur des onomatodoxes: le père Pavel Florenskiï, Vladimir Ern, Serge Boulgakov, Dimitri Merejkovskiï, Nicolas Berdiaev… Plusieurs journaux à grande diffusion désapprouvèrent la dureté de la répression. Le débat fut porté devant la Douma au cours du premier semestre de 1914, tandis que le Tribunal ecclésiastique de Moscou, qui avait été saisi de l’affaire en 1913, confiait ses conclusions au Consistoire du Synode, qui dans une résolution, le 24 mai 1914, concluait qu’il n’y avait pas de motif pour rejeter les moines onomatodoxes de la communion de l’Église. Ce changement d’attitude imprévu fut en partie dû à une intervention des hautes sphères, notamment à l’empereur Nicolas II lui-même, partiellement influencé par Raspoutine. Les dernières prises de position des autorités impliquaient une réintégration de fait, mais ne s’accompagnaient pas d’une véritable réhabilitation théorique, l’entrée en guerre de la Russie mettant fin de facto à la controverse. Le concile de 1917 qui aurait dû se prononcer sur le fond de la question resta quant à lui inachevé.
Aujourd’hui encore le débat se poursuit, comme le note l’auteur: « Au sein de l’Église russe officielle (Patriarcat de Moscou), alors que le métropolite Hilarion Alfeyev semble plutôt favorable aux thèses des glorificateurs du Nom, d’autres voix se prononcent résolument contre: c’est le cas du théologien laïc Alexis Osipov, professeur à l’Académie ecclésiastique de Moscou, ou encore du métropolite Isidore de Kouban qui, en 2007, a mis en garde le clergé de son diocèse contre les résurgences actuelles de la doctrine onomatodoxe. À l’intérieur de divers groupuscules orthodoxes dissidents apparus dans la Russie post-soviétique, les positions sur cette question sont encore plus conflictuelles: le métropolite Agathange Pachkovskiï qui dirige la “Vraie Église orthodoxe” (Odessa) a condamné les partisans de la doctrine onomatodoxe en 2014, tandis que la branche de l’ « Église russe autonome », qui a pour tête l’évêque Grégoire [ex Basile] Lourié (Saint-Pétersbourg), défend leur point de vue, notamment dans les articles de Lourié lui-même et de la moniale Kassia (I. Senik), et accuse Agathange de déviations doctrinales ».
La deuxième partie du livre (p. 249-391) porte sur le contenu théorique de la controverse que la première partie n’avait fait qu’évoquer à travers le dédale de son histoire factuelle. Elle présente de manière approfondie les arguments de ceux qui y ont été directement impliqués, puis des théologiens et des philosophes qui ont développé une réflexion à son sujet. D’abord les partisans: l’ermite Hilarion, le père Antoine Boulatovitch, le père Paul Florenskiï, Serge Boulgakov; puis les adversaires: les théologiens grecs, l’école théologique russe traditionnelle, et Serge Troïtskiï, les études les plus approfondies de part et d’autre étant celles de Serge Boulgakov et de Serge Troïtskiï.
La fin de l’ouvrage propose un index prosopographique, mais chose étrange pour un travail scientifique, ne donne pas de bibliographie. De nombreuses photos d’époque parsèment le volume, qui permettent d’associer des visages à certains noms.
La querelle onomatodoxe n’est pas inconnue du public francophone, puisque deux études du métropolite Hilarion Alfeyev ont été publiées il y a huit ans à son sujet – Le Nom grand et glorieux (Cerf, 2007) et Le mystère sacré de l’Église. Introduction à l’histoire et à la problématique des débats athonites sur la vénération du Nom de Dieu (Presses universitaires de Fribourg, 2007) –, auxquelles on peut ajouter l’ouvrage théorique du père Serge Boulgakov, La philosophie du Verbe et du Nom, publié en 1991 par les éditions L’Âge d’Homme, qui est l’achèvement de la réflexion qu’il avait menée au temps de la controverse.
La présente étude d’Antoine Nivière est remarquablement documentée historiquement, et propose un exposé aussi approfondi que possible du débat théorique. On apprécie les jugements équilibrés de l’auteur et son souci de faire apparaître à la fois les points forts et les points faibles de chaque position. On peut simplement regretter que les quelques passages controversés de l’ouvrage qui a tout déclenché:Sur les monts du Caucase de l’ermite Hilarion n’aient pas été présentés déjà dans la première partie, ce qui aurait permis de mieux comprendre d’emblée la base de la controverse.
La question de fond qui est de savoir quel type de lien, dans un nom, unit le signifiant au signifié est ancienne et récurrente. Elle était déjà posée par Platon dans le Cratyle où les deux position basiques s’affrontaient: celle qui considère que le nom exprime la réalité de la chose qu’il désigne en vertu d’un lien objectif avec elle et exprime, et celle qui considère que le lien entre le nom et ce qu’il désigne est conventionnel. Elle fut aussi au centre de la controverse entre les Cappadociens (particulièrement saint Grégoire de Nysse) et Eunome et ses disciples. On la retrouve au Moyen-Âge dans la controverse entre nominalistes et réalistes. C’est cette seconde position qu’adopte la linguistique moderne, et il est improbable que celle-ci puisse, comme le suggère Antoine Nivière dans son introduction contribuer au débat, puisqu’elle exclut a priori la position des onomatodoxes. La linguistique moderne adopte la position selon laquelle le rapport entre le signifiant et le signifié est purement conventionnel, et il est improbable que celle-ci puisse, comme le suggère Antoine Nivière dans son introduction, contribuer au débat, puisqu’elle exclut a priori la position des onomatodoxes. L’argument fort qu’avancerait dans ce cas comme dans d’autres la linguistique saussurienne est que la variété et parfois la radicale hétérogénéité des noms selon les langues – par exemple Seigneur, Kyrios, Gospod’, Herr ou Lord, ou encore Dieu, Gott, Theos, Allah ou Bog – montre à l’évidence leur caractère purement conventionnel et leur absence de relation objective avec ce qu’ils désignent. Le nom de Jésus est plus stable, mais présente néanmoins entre certaines langues des variations importantes. Il nous semble que la solution au débat entre les onomatodoxes et leurs adversaires au sujet du Nom de Dieu est à rechercher moins dans la linguistique ou dans la philosophie que dans la théologie de l’icône, le nom étant en l’occurrence une icône verbale qui, comme toute icône, n’a pas de valeur absolue par sa forme et sa matière, mais par le prototype auquel elle renvoie et dans la relation à lui.

Jean-Claude Larchet

 

Le généralissime Souvorov

21 janvier 2016 

 von FB

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Il partage avec Gengis Khan et Alexandre le Grand le fait de n’avoir jamais perdu une bataille. Il a traversé  les alpes lors de la seconde Guerre de coalition (1799-1801) qui transforma la Suisse en terrain de guerre pour les grandes puissances de l’époque, et un monument lui est dédié au-dessus d’Andermatt. Il connut la gloire et la disgrâce, la vie à la Cour et des champs de bataille dont l’horreur poussera plus tard Henri Dunant à créer la Croix-Rouge.

À une époque où les troupes n’étaient que chair à canon aux yeux de leur hiérarchie, le généralissime Souvorov intrigua ses contemporains par son souci constant d’assurer le bien-être de ses soldats, leur éducation et leur formation, qu’il résuma dans son Art de vaincre.

Le général Serge Andolenko fait revivre cette figure excentrique, indissociable du destin de l’Europe.


À lire
« Généralissime Souvorov« , de Serge Andolenko, Editions des Syrtes, 2016
« La Russie contre Napoléon« , de Dominic Lieven, Editions des Syrtes, 2012


Extraits  (chapitre I – contribution de Souvorov à l’art de la guerre)
« Généralissime Souvorov« , de Serge Andolenko, Editions des Syrtes, 2016

« Pour Souvorov, le facteur essentiel de la guerre reste l’homme. C’est la valeur morale du combattant, sa volonté de vaincre qui, avant tout, assure la victoire. « Le véritable héroïsme des troupes ne peut être suscité que par une cause élevée, sacrée », proclame-t-il, pendant que Frédéric II ricane: « Ah, si les soldats savaient pourquoi nous nous battons, ils ne se battraient jamais. »

Et l’enseignement de Souvorov met en relief la suprématie absolue de l’esprit sur la matière et accorde la première place à l’éducation. Revenons à l’étude précitée du commandant Gillet: le matériel n’est rien sans l’homme qui l’utilise. Avec la pique ou la mitraillette, ses motifs de se battre sont toujours la défense du foyer, le patriotisme, l’amour de la liberté, l’attachement pour le chef, ou l’esprit de conquête.

Devant un danger inconnu, éléphant ou bombardier en piqué, c’est la même terreur qui le saisit. Si la discipline ne coordonne pas ses efforts et ne fait pas de la cohorte ou de la compagnie une seule âme, s’il n’est pas instruit dans le maniement de son arme, mousquet ou automoteur, si ses procédés de combat, lourde phalange ou charge à la baïonnette, sont surannés, il court à la défaite.

Pilotant un char lourd ou maniant la pique, c’est toujours l’homme l’élément essentiel du combat. La croyance que des techniques nouvelles rendent le facteur humain négligeable n’est pas nouvelle. « Ô Hercule, s’écriait déjà le Spartiate Archimède en présence d’une catapulte, voilà la fin de la valeur de l’homme. » Et l’homme a peu changé, psychologiquement et physiologiquement, depuis 3000 ans. L’arme inattendue qui l’effrayera, la manoeuvre qui le frappera dans le dos, sont toujours certaines de vaincre.

Mais ce qui nous paraît indiscutable maintenant n’était pas du tout acquis au temps où Souvorov partait seul en lutte contre le monde militaire. Longtemps, sa voix est restée celle d’un prophète prêchant dans le désert. Mais petit à petit, il a gagné du terrain. Il a convaincu d’abord son régiment, sa division ensuite, l’armée enfin et de nombreux, très nombreux amis à l’étranger.

Son mérite est immense. Le premier en Russie, il a crié « Halte là! » aux aberrations militaires de son siècle; le premier il a rappelé au monde les vérités éternelles de l’art de la guerre. Trente ans après surgira en Europe le génie militaire de Napoléon: lui aussi portera des coups implacables à la stratégie géométrique et au drill. Et le vieux Souvorov, dès 1796, le placera sur le pied d’égalité avec César son maître, et saluera en lui l’ère nouvelle dans l’art de la guerre. « 

La suite ici!  « Généralissime Souvorov« , d’Alexandre Spiridovitch, Editions des Syrtes, 2015

 

L’enlèvement du général Koutiepov

5 janvier 2016 

 von FB

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Nicolas Ross se penche sur l’une des figures marquantes de l’émigration russe en France, le général Koutiepov, enlevé à Paris en janvier 1930 par les services secrets soviétiques et mort quelques jours plus tard, sans que les détails de son décès ne soient jamais connus.

L’amour de la patrie et de l’armée chevillé au corps, le général Koutiepov n’acceptera jamais la prise du pouvoir par les Bolcheviques. Combattant de la première heure parmi les Russes blancs, il sera contraint de conduire ses hommes vers l’exil; arrivé à Paris, il œuvrera sans relâche en faveur de ses concitoyens et poursuivra, dans l’ombre, une lutte incessante contre le nouvel ordre russe.


À lire
« Koutiepov », de Nicolas Ross, Editions des Syrtes, 2016
Du même auteur aux Editions des Syrtes: cliquez ici!


Extraits  (chapitre X)
« Koutiepov« , de Nicolas Ross, Editions des Syrtes, 2016

« Le dimanche 26 janvier 1930, le général Koutiepov quitta son appartement du 26 de la rue Rousselet à 10h30. Il avait l’intention de se rendre au siège de l’Union des anciens de Gallipoli (81, rue Mademoiselle), distant d’une vingtaine de minutes de marche de son domicile. Dans la chapelle Saint-Serge de l’Union devait être célébré après la liturgie dominicale un office funèbre à la mémoire du général Alexandre von Kaulbars, décédé un an plus tôt, auquel Koutiepov tenait à assister. Il avait prévu de revenir ensuite déjeuner à la maison puis, l’après-midi, de se rendre à Meudon en famille par le train de 15h18, afin de tenter d’y trouver une maison de campagne à louer pour l’été suivant. L’office à la mémoire de Kaulbars devait débuter à 11h30 mais Koutiepov, d’ordinaire très ponctuel, n’était pas là à l’heure dite et on le célébra sans lui. Cela n’éveilla pourtant aucun soupçon, tout le monde sachant que les activités secrètes du général étaient susceptibles de bouleverser son emploi du temps.

Koutiepov ne revint pas rue Rousselet pour le déjeuner et, après 14 heures, son épouse commença à s’inquiéter sérieusement. Elle demanda, vers 15 heures, à l’ordonnance du général Fedor d’aller se renseigner rue Mademoiselle. Alors que Fedor était parti aux nouvelles, raconte Marina Gray, on sonna à la porte: c’était le général Steifon, hôte imprévu qui, se trouvant dans le quartier, avait souhaiter présenter ses hommages à Koutiepov. Sur ces entrefaites, Fedor revint du siège de l’UAG et raconta que personne n’y avait vu le général. Plutôt que de faire appel à la police, ce qu’aurait, dit-il, désapprouvé Koutiepov, Steifon conseilla à Lidia Davidovna de s’adresser au général Stogov, l’un des principaux responsables de la ROVS, qui habitait non loin de là. Ce général n’avait rien à voir avec les activités secrètes de Koutiepov, qui pouvaient être à l’origine de son absence, et proposa d’aller voir le colonel Zaïtsov, mieux renseigné dans ce domaine, qui habitait lui aussi assez près, 153 rue de Vaugirard. Zaïtsov ne sachant rien lui non plus, les deux hommes se rendirent au commissariat du quartier. il fallut un certain temps pour persuader le commissaire du sérieux de la situation et le convaincre de contacter sa hiérarchie.

Mme Koutiepov envoya également Fedor chez Zavadski-Krasnopolski, qui servait d’agent de liaison entre le général et la police. Conduit d’abord par un chauffeur russe rue Rousselet, Zavadski, après un entretien avec elle, se rendit au domicile de Charles Faux-Pas-Bidet, commissaire à la Sûreté générale, chargé du contre-espionnage. Faux-Pas-Bidet, par un coup de téléphone à la préfecture, lança des recherches au premier stade – « dans l’intérêt des familles ». Zavadski revint ensuite chez Mme Koutiepov, où il trouva le colonel Zaïtsov. Y arriva également l’inspecteur de police Bouton. Jusqu’à 10 heures du soir, Bouton, Zaïtsov et Zavadski visitèrent, en vain, les hôpitaux et les commissariats parisiens, puis ils se rendirent chez le général Miller pour lui annoncer la nouvelle. L’inspecteur de police, qui avait enquêté toute la nuit, remit à 8 heures du matin un rapport qui concluait à un enlèvement politique.

Le lundi 27 janvier, on établit et on communiqua vers midi le signalement de Koutiepov aux gares, aux postes frontières, aux ports et aux aérodromes.

Mme Koutiepov déposa plainte le mardi 28 janvier et le préfet Jean Chiappe chargea de l’enquête deux policiers éminents: Ernest Perrier, directeur des Renseignements généraux, et le commissaire Faux-Pas-Bidet. Etrangement, ce n’est que le 6 février, onze jours après la disparition de Koutiepov, qu’une information « sous l’inculpation de violence et de séquestration arbitraire » fut officiellement ouverte. Le lendemain 7 février, le juge Delalé était chargé de mener cette instruction ».

La suite ici!  « Koutiepov« , de Nicolas Ross, Editions des Syrtes, 2016

 

 

 

Traduit de l’anglais et annoté par Andreï Kozovoï

Et si l’histoire dramatique de la Russie au XXème siècle – le coup d’État bolchevique, la guerre civile, deux famines et le goulag – n’était que la conséquence du rassemblement général des troupes russes le 30 juillet 1914 ? Et si l’Ukraine joua un rôle de tout premier plan dans le déclenchement de la Première Guerre mondiale ?

Dominic Lieven, historien britannique de renommée mondiale, raconte dans ce livre magistral quel fut le rôle de la Russie dans la descente vers 1914. Armé d’un impressionnant corpus de sources inédites, il étudie à la loupe la machine infernale qui aboutit au conflit. Il donne la parole à de nombreux protagonistes, depuis les journalistes et les intellectuels « faiseurs d’opinion » jusqu’aux ministres et, bien sûr, au tsar Nicolas II.

Avec Lieven, l’histoire diplomatique russe s’enrichit enfin des fameuses « forces profondes », chères au grand historien des relations internationales qu’était Pierre Renouvin. Mais le récit de Dominic Lieven n’est pas uniquement centré sur la Russie. Sa grande originalité est d’inscrire ce pays dans un contexte beaucoup plus vaste. Un contexte qui s’apparente à un véritable bras de fer entre empires et nationalismes à la fin XIXe – début XXe siècle. Riche en comparaisons stimulantes et en hypothèses osées, cet ouvrage est donc appelé à devenir une référence non seulement pour comprendre les origines de la Première Guerre Mondiale, mais aussi pour repenser l’histoire européenne – notre histoire.

Du même auteur aux Editions des Syrtes:
« La Russie contre Napoléon » (2012)

 

 Aux éditions Syrtes

 

 

- Sur les monts du Caucase, Dialogue de deux solitaires sur la prière de Jésus, Hilarion DOMRATCHEV

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- Poutine, une vision du pouvoir, Hubert SEIPEL

Lien visuel : indisponible (en librairie le 22 septembre 2016)

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-> En librairie le 22 septembre 2016
L'auteur rencontre Poutine en 2010, (tournage de "Moi, Poutine-un portrait"). Depuis, devenu un intime du président russe, il l'accompagne lors de déplacements officiels et privés et explique l'ascension incroyable de cet ancien militaire discret et travailleur acharné, devenu l'homme le plus puissant de Russie : son passé, ses relations avec l'oligarchie ; son obsession : restaurer, consolider et renforcer son pays, sa foi, la popularité indéfectible de Poutine en Russie. Tiré des discussions communes ce livre offre pour la première fois un aperçu des motifs et idées qui animent le président russe. Journaliste d'investigation, Seipel réalise des documentaires politiques et économiques (premier journaliste à interviewer E. Snowden). 

 

L'icône comme communion, Les idéaux et les principes de composition dans l'exécution d'une icône, Georges KORDIS 

Lien visuel : indisponible (en librairie le 4 novembre 2016)

Lien url : http://www.parismoscou.info/publications_librairies_5_fr.html

-> En librairie le 4 novembre 2016

G. Kordis est l'un des meilleurs iconographes du monde orthodoxe. Son style témoigne d'une originalité et d'une créativité remarquables, tout en s'insérant dans la tradition iconographique orthodoxe et respectant ses critères fondamentaux. Cet ouvrage, faisant autorité en matière d'iconologie présente une synthèse de sa compréhension et de son expérience. Il n'est pas seulement un manuel, mais un moyen de comprendre en profondeur la composition passée et actuelle des meilleures icônes en rapport avec leur fonction spirituelle. La publication de ce livre original et fort est un événement de première importance dans un domaine où rien d'équivalent n'avait encore été publié. 

 

Enquête sur les Miracles, Projet Nouveau Regard, éd. du Jubilé

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Une vie donnée pour le Cambodge, Agnès GROS, éd. du Jubilé

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Missionnaire Intrépide, Paul Seitz, Dom Jean-Louis de ROBIEN, éd. du Jubilé

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Kong Wang Shan, l'apôtre Thomas et le prince Ying, l'évangélisation de la Chine de 64 à 87, Pierre PERRIER, éd. du Jubilé

 

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